La colère et la tristesse – Étapes essentielles dans le processus de deuil
Dans toute traversée de deuil ou de perte, qu’il s’agisse d’un projet avorté, d’un rêve éteint ou d’une transition inattendue, certaines émotions surgissent avec une intensité qui bouleverse.
Après le choc et le déni, deux autres présences fortes s’invitent souvent. La colère et la tristesse. Si tu veux comprendre les premiers instants du deuil, je t’invite à lire cet article sur le choc et le déni dans les deuils invisibles.
Elles ne se présentent pas toujours avec fracas. Parfois, elles se glissent doucement, sans avertir. Mais leur rôle est fondamental. Je te partage ici un instant de vie, bien réel, que j’ai vécu récemment, pour que tu puisses peut-être y reconnaître une part de ton propre parcours.
L’annulation d’un rêve : quand tout bascule
Quand j’ai dû prendre la décision difficile d’annuler le Sommet Immort’Ailes et la journée OSE, l’expérience, j’ai ressenti de fortes émotions. Ce n’était pas juste une décision logistique. C’était un deuil. Celui d’un rêve, d’un projet que je portais avec mon cœur depuis longtemps.
Peut-être que toi aussi, tu as déjà vécu une situation semblable. Un moment où la vie ne t’a pas suivi comme tu l’espérais. Où le vent a tourné, malgré tous tes efforts.
La colère – L’énergie du « ça ne devait pas se passer comme ça »
La première émotion qui m’a traversée, c’est la colère. Elle ne criait pas contre quelqu’un d’autre, mais se tournait plutôt vers moi-même.
Je me suis reproché mille choses. De ne pas avoir mieux planifié. De ne pas avoir été plus en forme. D’avoir fait confiance trop rapidement. D’avoir pris certaines décisions trop tardivement. D’avoir espéré que le projet fonctionne trop longtemps. De ne pas avoir su capter les signaux à temps. Et j’en passe.
Tu connais peut-être, toi aussi, cette voix intérieure tranchante qui surgit dans ces moments. Celle qui juge, qui critique, qui refait le film à l’envers pour trouver les fautes.
Mais ce que j’ai compris, c’est que cette colère n’était pas là pour me détruire. Elle était l’expression de mon attachement. Ce projet comptait énormément pour moi. C’était ma façon à moi de dire « ce n’était pas censé finir ainsi ». La colère, c’est une énergie brute. Elle dit que quelque chose avait de la valeur pour nous.
La tristesse – La vague qui libère
Une fois la colère un peu apaisée, une autre émotion a fait surface. La tristesse.
Au début, j’ai tenté de la repousser. Je faisais comme si tout allait bien. J’essayais de rester forte, de faire bonne figure, de continuer à avancer. Je me jugeais de ressentir ce vide et je me taisais par peur de ce que les autres pourraient penser ou dire.
Mais un jour, j’ai simplement laissé mes larmes couler. J’ai compris que j’en avais besoin. Et à ce moment-là, j’ai senti une forme de libération intérieure. Toute la pression accumulée se relâchait.
La tristesse, c’est cette vague qui nettoie. Elle ne se vit jamais de la même façon. Parfois discrète. Parfois intense. Parfois douce. Parfois légère. Mais peu importe sa forme, l’accueillir fait du bien. Elle apaise le corps, elle allège l’énergie, elle nous ramène à ce qui est vrai et important.
Peut-être que toi aussi, tu as déjà ressenti ce soulagement après avoir laissé couler tes larmes. La pression tombe. Le corps se détend. Le cœur retrouve de l’espace.
Et avant même d’accueillir tout cela… il y avait le chaos intérieur
Avant d’en arriver à cette prise de conscience, j’ai ressenti dans mon corps des signaux diffus mais puissants. Un mélange de peurs et de tensions qui freinaient ma clarté et ma capacité d’agir.
Il y avait la peur que le projet tombe à l’eau, que tous mes efforts n’aient servi à rien.
La peur du regard des autres, de ceux qui diraient : « Je le savais bien, tu visais trop grand. »
La peur de décevoir, de ne pas livrer ce que j’avais promis.
À ces peurs se sont ajoutées des émotions lourdes. La honte. Le doute. Le stress. L’anxiété. Et tout cela, bien souvent, avant même d’avoir identifié clairement ce que je vivais.
C’est comme si le corps savait déjà, avant la tête, qu’un deuil s’installait.
Colère et tristesse – Obstacles ou alliées?
On nous a souvent appris à éviter la colère et la tristesse. À les contenir. À les maquiller derrière un sourire ou une hyperactivité.
Aujourd’hui, je sais que ces émotions sont en réalité des passeuses de vérité. Elles ne sont pas contre nous. Elles nous montrent ce à quoi nous tenons, ce que nous avons perdu, ce qui fait mal… mais aussi ce qui peut encore grandir à l’intérieur.
La colère me rappelle mon désir d’agir, ma volonté de ne pas rester impuissante.
La tristesse me relie à mon humanité, à mon attachement, à ce que j’ai perdu.
Ces émotions ne sont pas des obstacles à franchir, mais des passages à traverser. Elles ne sont pas là pour nous détruire, mais pour nous aider à avancer, un pas à la fois.
Ce sont des étapes incontournables dans tout processus de transformation.
5 clés puissantes pour accueillir la colère et la tristesse dans un deuil
Voici cinq repères concrets qui m’aident et que tu peux toi aussi mettre en pratique :
Nommer ce que tu ressens
Dire simplement « je suis en colère », « je suis triste ». Poser ces mots, c’est déjà commencer à apprivoiser l’émotion. Nommer ce qui vit en toi, c’est déjà le reconnaître et lui donner une place.
Faire bouger ton corps
La colère a besoin d’un exutoire. Marche d’un pas rapide, respire profondément, écris sans filtre, danse, frappe dans un coussin. Le corps devient un canal de libération.
Laisser couler les larmes
Ne retiens pas tes pleurs. Ils nettoient, ils ouvrent, ils allègent. Les larmes permettent de relâcher la pression et de laisser circuler ce qui était bloqué. Pleurer n’est pas une faiblesse, c’est un mouvement de vie.
Créer un cocon sécuritaire
Choisis un lieu ou une relation où tu peux être vrai et pleinement toi. Ta chambre, un coin de nature, une personne de confiance. Plus tu te sens en sécurité, plus tu peux laisser l’émotion s’exprimer. Ta vulnérabilité a besoin d’un espace bienveillant.
Te rappeler que c’est temporaire
La colère et la tristesse ne durent pas toujours. Ce sont des vagues qui vont et viennent. Chaque fois que tu les traverses, tu avances, même si tu as encore l’impression d’être au cœur de la tempête.
Et toi, où en es-tu ?
Est-ce que tu ressens parfois ces vagues de colère ou de tristesse quand un projet échoue, qu’une relation s’effrite ou qu’une porte se ferme?
Est-ce que tu arrives à leur faire de la place, ou est-ce qu’elles restent coincées quelque part entre ton cœur et ta gorge? Est-ce que tu leur ouvres la porte ou est-ce que tu essaies encore de les contenir?
Je veux te rappeler que tu as le droit d’être traversé.e par ces émotions. Tu as le droit d’être humain.e, de pleurer, de ressentir, de relâcher. Et chaque fois que tu leur donnes une place, tu t’offres un peu plus d’espace pour continuer ton chemin.
Tu n’as rien à prouver. Juste à t’écouter. Juste à respirer. Juste à continuer… un pas à la fois.
Tu vis quelque chose de similaire?
Je t’invite à réserver un moment ensemble pour en parler, sans pression.
Parfois, juste déposer ce que tu ressens fait toute la différence.
Réserve ton moment avec moi ici : https://calendly.com/claudineblier/cafe-connexion .
Accueillir ses émotions, c’est aussi se reconnaître dans toute son humanité. Tu as le droit de ressentir.
Cet article publié sur Psychologue.net peut t’offrir une autre perspective sur cette légitimité intérieure, surtout si tu doutes encore de ton droit de vivre ce que tu vis.
Chaleureusement
Claudine
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