Le deuil de soi : ce vide dont on ne parle pas
Je marche.
Un pas à la fois.
Un matin, en marchant, une pensée me traverse… douce, mais percutante :
Et si le deuil le plus profond que tu portes, c’est celui de t’être oubliée?
Ce deuil-là, tu vois, il ne se vit pas toujours en larmes ou en cris.
Il se glisse dans les silences.
Il se cache dans les « ça va » qui veulent dire « je me perds, » dans les sourires qui camouflent un cœur en apnée.
Il prend racine lentement, souvent depuis longtemps.
S’oublier en silence, en répondant à tout… sauf à soi
Je le ressens depuis l’enfance, ce vide.
Sournois, silencieux, presque insaisissable.
À cet âge, je ne sais pas encore comment le nommer.
Il n’a pas de mots, juste une sensation floue de « trop » ou de « pas assez. »
Je réponds aux attentes.
Je brille dans ce qu’on valorise.
Mais à l’intérieur, une distance se creuse.
Je suis engagée, investie, généreuse.
Mon cœur est grand, ma charge aussi.
Je suis fille, amie, conjointe, maman, travailleuse à temps plus que plein.
Je prends soin de tout le monde… sauf de moi.
Quand le corps et la vie disent « Reviens à toi »
Le 1er janvier 2012, une année bien remplie.
Je reçois une demande en mariage, après de nombreuses années de vie commune.
C’est inattendu, émouvant.
En mars, nous préparons un grand voyage au Pérou.
En septembre, nous célébrons notre union.
Et dès le lendemain, nous partons respirer ailleurs, le temps d’une lune de miel.
Et, presque en secret, à travers tout cela… je commence à me choisir.
En novembre, je débute un parcours de formation en relation d’aide.
Un premier vrai pas vers moi.
Je ne le sais pas encore pleinement, mais une graine vient d’être semée.
Et elle portera ses fruits.
En 2014, je pars marcher dans les montagnes de l’Himalaya.
Là-bas, je retrouve mon souffle.
Mon corps me parle.
Le silence m’apaise.
Je m’ancre.
Je sens que je peux vivre autrement.
Plus proche de l’essentiel.
Plus proche de moi.
Se retrouver dans l’accompagnement du deuil
En 2016, je poursuis mon cheminement intérieur.
Je m’inscris à une formation sur le deuil.
Je pense que c’est pour accompagner les autres… mais rapidement, je comprends :
c’est pour moi.
Je plonge dans mes zones d’ombre.
Je laisse remonter mes larmes, mes élans oubliés, mes silences accumulés.
Je découvre que le vide que je ressens depuis si longtemps peut se transformer.
Et je commence à le remplir autrement.
Pas avec des tâches.
Avec de la présence.
Avec du sens.
Avec de l’amour de moi.
Le trop-plein qui fait éclater le cœur
2017, Une année où tout déborde.
Je travaille à temps plein.
Je reçois des clients en thérapie.
Je suis assistante dans une deuxième année de formation, qui demande un énorme investissement de temps.
Je participe à une recherche, je suis une formation en théâtre et expression de soi,
et pour couronner le tout, je suis présidente de mon association professionnelle.
Je cours. Je soutiens. Je m’oublie.
Et un jour, ça me frappe de plein fouet :
« Plus jamais autant me perdre dans le faire. »
C’est une promesse intérieure.
Une clarté qui me traverse.
Je ne peux plus fonctionner comme avant.
Transformer le vide en plein : un chemin de retour à soi et de lumière retrouvée
Je commence à ralentir. Vraiment.
Je fais de la place.
Je crée des espaces pour respirer, sentir, exister.
Je ne suis plus dans le faire pour prouver, pour répondre, pour performer.
Je suis dans l’être.
Dans le lien.
Dans l’essentiel.
Ce retour vers moi me montre la profondeur du gouffre… mais aussi ma capacité à le remplir autrement.
Petit à petit, je m’habite.
Je me reconnais.
Je me retrouve.
Ce plein, il est fait de douceur, de présence, de clarté, de lumière.
Il est nourri par la nature, la création, les rencontres, l’écoute, la lenteur.
Se retrouver, un pas à la fois
Ces retrouvailles avec moi-même sont parmi les plus belles de ma vie.
Elles me donnent l’élan d’accompagner autrement.
De vivre plus alignée.
De transmettre ce que j’incarne.
Et toi, où en es-tu?
Peut-être que tu ressens, toi aussi, ce vide ancien.
Ce manque que tu as appris à taire.
Peut-être que tu te reconnais dans cette impression d’être là pour tout le monde… sauf pour toi.
Je veux te dire ceci :
Ce n’est jamais trop tard pour revenir à toi.
Jamais trop tard pour honorer le deuil de ton oubli et faire de cet espace vide un lieu sacré, un lieu de renaissance.
Tu n’as pas à tout comprendre.
Tu n’as pas à tout changer d’un coup.
Tu as juste à poser un pas.
Puis un autre.
Un pas de douceur. Un pas de présence.
Et si tu veux, je peux marcher avec toi un moment.
T’accompagner à te retrouver, te redécouvrir, te reconnaître.
Car ce chemin-là, je le connais.
C’est celui de la lumière retrouvée.
Chaleureusement
Claudine
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