Semaine nationale des proches aidants : Un élan de reconnaissance et d’écoute

La semaine nationale des proches aidants nous invite à poser un regard profond et bienveillant sur tous ceux et celles qui, dans l’ombre, accompagnent un être cher dans ses besoins qui fluctuent avec le temps, dans sa perte d’autonomie, sa maladie ou ses derniers moments. Au-delà des actes, c’est tout un chemin intérieur qui se dessine, rempli de dévouement, de courage, mais aussi de deuils et de renoncements.  Cette semaine est un moment pour toi, qui est proche aidant, de t’autoriser à reconnaître les défis que tu traverses, parfois dans le silence, souvent dans la discrétion.

Le deuil des espaces personnels et des espoirs

Accompagner un proche dans ses besoins au quotidien est une expérience de vie où chaque petite goutte de renoncement s’accumule.  À force de donner et d’être là pour l’autre, l’espace pour soi se réduit, sans même que l’on s’en rende compte.  C’est un deuil doux, presque imperceptible, qui s’installe à travers des petites pertes quotidiennes.  Parfois, c’est le temps pour soi qui disparaît, parfois ce sont des projets mis de côté,  ou parfois encore, des liens sociaux qui s’effacent, des rencontres familiales qui s’espacent.

Dans cette trajectoire, des peurs peuvent aussi émerger ainsi que le doute : « Est-ce que j’en fais assez ? »  La peur de ne pas en faire suffisamment et ce souci de vouloir bien faire pour que le proche ne manque de rien.  Sans oublier les attentes des autres membres de la famille, souvent non exprimées, mais bien présentes, tel que le sentiment que, parce que tu es là pour accompagner tes proches, les autres n’ont pas besoin d’être aussi présents.  Que c’est normal !

Les impacts invisibles de l’oubli de soi

Sans que l’on s’en rende compte, l’oubli de soi s’installe une goutte à la fois, et avec lui, ses impacts sur le corps, le cœur et l’esprit :

  1. L’épuisement physique : Les journées deviennent lourdes et le corps finit par ressentir le poids des responsabilités accumulées.
  2. La fatigue émotionnelle : Accompagner quelqu’un demande une force intérieure.  Lorsque l’on ne prend pas soin de soi, cette force s’affaiblie, laissant place au doute, à la peur, à la tristesse, à l’anxiété ou à un sentiment d’isolement.
  3. La perte de ses passions et intérêts : Peu à peu, les activités qui nous faisaient vibrer s’effacent, remplacées par le quotidien de l’accompagnement.
  4. La dévalorisation personnelle : Ne plus reconnaître ses propres besoins peut conduire à une baisse d’estime de soi, comme si notre valeur était uniquement liée à notre rôle d’aidant.
  5. La surcharge mentale : Avec le temps, la charge mentale peut devenir difficile à porter et chaque nouvelle tâche s’ajoute au poids déjà présent.
  6. L’isolement relationnel : Les liens sociaux se distancient et l’impression de porter seul cette responsabilité grandit.

Soutenir notre proche sans s’oublier

Comment donc accompagner sans s’oublier ?  Voici quelques pistes pour naviguer dans cet équilibre délicat :

  1. Reconnaître tes propres besoins : C’est un geste d’amour envers toi-même et cela ne te rend pas moins présent pour l’autre.  Prendre un moment chaque jour pour te reconnecter à ce que tu ressens, c’est aussi rester à l’écoute de toi.
  2. Communiquer avec les autres : Parle de ce que tu vis, de tes ressentis, à ta famille, à des amis ou même à d’autres proches aidants.  Partager cette expérience te permet de décharger certaines émotions et de trouver du soutien.
  3. Déléguer quand c’est possible : Il est important de ne pas tout porter seul.  Il y a sans doute des tâches que d’autres membres de la famille ou des amis peuvent prendre en charge.  Permets-toi de demander de l’aide.
  4. Maintenir un espace pour tes passions : Que ce soit lire, marcher, écouter ta musique favorite ou peindre, conserve des moments pour toi.  Ces instants de ressourcement te donneront la force de continuer à être présent auprès de tes proches.
  5. Consulter un professionnel si besoin : Que ce soit pour une thérapie, un soutien en groupe ou même une consultation ponctuelle, te faire accompagner peut t’aider à prendre du recul, à comprendre tes émotions et à apprendre à mieux t’écouter.
  6. Te rappeler que tu fais de ton mieux : Il est facile de se laisser envahir par le sentiment de ne jamais en faire assez.  Pourtant, chaque geste, chaque présence compte et a un impact positif pour ton proche.  Fais confiance à ce que tu apportes.

Prendre un moment pour soi, c’est prendre un moment pour le nous !

Je sais combien ces chemins d’accompagnement sont intenses et combien ils demandent à la fois de l’amour, de la patience et une résilience profonde.  La semaine nationale des proches aidants est l’occasion de t’arrêter un instant, de reconnaître tout ce que tu fais et d’ouvrir un espace où tu peux prendre soin de toi, avec bienveillance.

Si tu ressens le besoin d’en parler, de partager tes ressentis ou de trouver des pistes pour t’accompagner toi-même dans ce processus, je t’invite à prendre rendez-vous pour un café virtuel : https://calendly.com/claudineblier/cafevirtuel

Ce moment ensemble pourra être une opportunité de déposer ce que tu portes, d’échanger et de trouver du soutien dans cette belle et exigeante mission d’aidant.

 

Chaleureusement,
Claudine

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