Le choc et le déni face aux deuils invisibles – 5 actions pour aider à prendre du recul

Image divisée en deux parties : à gauche, une personne floue se tient la tête entre les mains, illustrant le bouleversement intérieur lié au choc et au déni; à droite, une fenêtre couverte de gouttes de pluie évoque la tristesse, la confusion et l'invisibilité des deuils silencieux.

Le choc et le déni face aux deuils invisibles

Et si ce que tu vis en ce moment était un deuil… sans nom ?  Une perte qui ne porte pas d’étiquette officielle, mais qui t’habite en silence.  Un rêve qui ne se réalise pas comme prévu.  Un projet qui s’effrite lentement.  Une attente qui reste sans réponse.  Tu y as mis ton cœur, ton énergie, ton temps, tes espoirs et peut-être même tes économies.  Et doucement, sans fracas ni cris, quelque chose glisse entre tes doigts.

Tu n’as pas traversé une rupture, ni perdu un être cher, pourtant… tu ressens une douleur sourde.  Un poids intérieur.  Une grande fatigue qui ne s’explique pas vraiment.  Peut-être que toi aussi, tu vis un deuil invisible.

Une onde de choc qui s’insinue sans bruit

Quand on pense au choc, on imagine un évènement brutal.  Un moment qui nous coupe le souffle, un avant/après bien net.  Mais certains chocs sont beaucoup plus subtils.  Ils ne figent pas d’un seul coup… ils s’installent.  Comme une bruine qui pénètre peu à peu jusqu’aux os.  Tu continues d’avancer, bien sûr, mais avec un poids qui s’est logé au creux de ton ventre.  Tu fonctionnes, mais tu es distrait·e, fatigué·e.  Tu souris, mais à l’intérieur, c’est tendu, engourdi.

Dans mon propre parcours, je l’ai senti s’installer ainsi.  D’abord, j’ai douté… mais j’ai voulu croire que c’était passager.  Que ça allait passer.  J’ai continué.  J’ai mis plus d’énergie.  J’ai essayé d’ajuster, d’optimiser, de chercher des réponses à l’extérieur.  Mais le vrai tournant, c’est quand j’ai compris que ce que je vivais, c’était un deuil.  Un deuil qui n’avait pas encore de mots.

Et avec cette prise de conscience, une série de questions a émergé « Qu’est-ce qui fait que j’ai continué malgré tout ? Pourquoi je ne l’ai pas vu plus tôt ? »  Et la réponse m’est venue dans un murmure intérieur « C’est parce que j’y croyais. »

Quand le déni nous protège… jusqu’à ce qu’il nous épuise

Le déni, dans ces situations, n’est pas un mensonge.  C’est une stratégie de protection.  Une façon de tenir debout.  On se dit que ça va s’arranger.  On s’accroche.  On s’active.  On espère encore.  Et, sans s’en rendre compte, on dépense une énergie colossale à garder le cap sur quelque chose qui ne répond plus.

On ne fait pas le lien tout de suite avec le deuil.  Parce qu’il n’y a pas eu de fin claire.  Parce que c’est encore « en cours ».  Et pourtant, notre corps, lui, sait.  Il sent la tension monter.  Il absorbe les non-dits, les inquiétudes, les insatisfactions.  Il manifeste ce qu’on n’ose pas encore reconnaître.

Avant même de comprendre ce que je vivais, j’ai senti dans mon corps les signaux d’alerte. La fatigue persistante, les nuits hachurées, le stress qui ne part pas.  Et puis il y a eu ces peurs.  Petites, mais constantes.  La peur que le projet tombe à l’eau.  La peur de ce que les autres allaient penser.  La peur de me faire dire « Je le savais bien, tu voyais trop gros. »  Ces phrases, même si elles n’ont jamais été prononcées, je les portais déjà en moi.

La danse des émotions avant la clarté

Avec les peurs, d’autres émotions se sont faufilées.  La honte, insidieuse.  Le doute, tenace. Le stress, omniprésent.  L’anxiété, surtout quand les entrées d’argent que j’espérais ne venaient pas.  Tout cela me faisait tourner en rond, comme dans une pièce sans porte.  J’essayais de comprendre, de maîtriser, de contrôler.  Mais au fond, j’avais surtout besoin de m’arrêter… et de sentir.

Ces émotions ont teinté mon regard sur moi-même.  Elles ont influencé mes décisions, ma posture, ma confiance.  Et elles m’ont empêchée de voir, avec clarté, ce qui était en train de mourir.  Ce qui avait besoin d’être reconnu pour enfin être libéré.

Le début de la traversée

C’est le jour où j’ai osé en parler à une personne bienveillante que quelque chose a basculée.  Être challengée face à la réalité.  Être accueillie, sans jugement, m’a permis de déposer.  De relâcher.  De laisser émerger cette vérité intérieure « Je vivais un deuil pour lequel j’étais prise dans le déni. »  Ce n’était peut-être pas un deuil « officiel », mais il était réel.  Et il méritait d’être vu.

Ce jour-là, j’ai cessé de me battre.  J’ai commencé à m’écouter.  Et dans ce relâchement, une paix nouvelle a surgi.  Je n’avais pas tout réglé, mais j’étais différente.  Plus présente.  Plus vraie.  J’acceptais, doucement, que la forme que je portais ne serait peut-être plus jamais la même.  Et que ce n’était pas une fin, mais une transformation.

Cinq actions pour t’aider à prendre du recul

Si tu te reconnais dans ce que je partage, voici cinq gestes simples, mais puissants, pour commencer à sortir du brouillard :

  1. Nommer ce que tu perds.

Écris-le.  Même si c’est flou.  Même si c’est « juste » une attente ou un espoir.  Ce que tu perds mérite d’être nommé.

  1. Accueillir la secousse.

Autorise-toi à dire  « Oui, je suis ébranlé·e. Et c’est légitime. »  Tu as le droit d’être touché·e.  Tu as le droit d’avoir mal.

  1. Observer tes mécanismes de protection.

Est-ce que tu t’actives pour ne pas ressentir ?  Est-ce que tu rumines sans fin ?  Est-ce que tu cherches des coupables à l’extérieur ?  Observe. Et fais-le avec douceur.

  1. Parler à quelqu’un de neutre et bienveillant.

Une oreille qui ne cherche pas à te réparer, mais à t’accueillir.  Parler, c’est déjà transformer.

  1. T’offrir la permission de faire le deuil.

Ce n’est pas abandonner. C’est reconnaître que cette forme-là ne fonctionne plus. Pour mieux accueillir ce qui veut naître.

Tu n’es pas démoli.e… tu es en mouvement

Non, tu n’es pas démoli.e.  Tu es en mouvement.  En transformation.  Comme un métal chauffé, courbé, réajusté.  Tu n’as pas perdu ta valeur.  Tu portes simplement une nouvelle forme.  Plus ancrée.  Plus vraie.  Plus alignée avec qui tu es devenu·e.

Et si ce que tu vis en ce moment te semble flou, lourd ou difficile, n’attends pas l’effondrement pour en parler.  Tu peux m’écrire à tout moment, simplement, à : merci@claudineblier.com.  Je te lirai avec tout mon cœur.

Ou encore, réserver un moment avec moi : Café Connexion

 

Chaleureusement

Claudine

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