Être à l’écoute de soi et enfin, se donner le droit d’être entendu.e
Une conversation de moi à moi pour revenir à l’essentiel
Il y a des jours où une voix intérieure cherche à se faire entendre. Ce n’est pas toujours clair, ni évident, mais ça monte du corps, d’un serrement au ventre ou au cœur, d’un souffle retenu. Une fatigue s’installe. Pas seulement physique. Une fatigue de l’âme. Une fatigue du cœur. Une fatigue de porter, encore, beaucoup sur mes épaules. C’est exactement ce que j’ai vécu il y a quelques jours, dans un moment tout simple, seule dans ma voiture, où je me parle… à voix haute.
Tout commença un peu plus tôt, dans un bain chaud. Je me pose une question qui, en surface, semble banale « D’où vient cette fatigue ? » Et là, une réponse se manifeste autrement, par un serrement dans la poitrine, une vague dans le ventre. Cette question n’est pas une parmi tant d’autres. C’est une main tendue vers moi-même.
Dire les choses à voix haute pour se libérer
Par la suite, en conduisant vers St-Jérôme, je continue à me parler. Et je ressens toute la différence entre penser en silence… et dire les choses à voix haute. Les pensées, lorsqu’elles restent à l’intérieur, tournent en boucle. Elles finissent par faire du surplace. Mais lorsqu’on ose les exprimer avec des mots, une porte s’ouvre. Il y a une libération. Une clarté. Les mots permettent à ce qui stagne de circuler.
Je me surprends à m’écouter. Vraiment. Et je réalise que je porte plus que ce que je m’autorise à ressentir.
Une blessure d’abandon ancienne, mais vivante
Dans cette introspection, une vieille blessure intérieure refait surface. Une blessure d’abandon. Elle s’est ancrée en moi très tôt, bien avant que je puisse la nommer. Et elle a forgé une peur profondément viscérale. Celle de ne pas être aimée. Cette peur n’est pas qu’une pensée. C’est un ressenti. Elle vit dans mon ventre, dans mon souffle, dans ma façon de retenir l’élan de vie quand je m’en approche trop.
Je grandis dans un contexte relationnel délicat, avec plusieurs figures parentales. Et même si je reçois de l’amour, je porte souvent une attention particulière à ne pas froisser, ne pas déranger, à tout équilibrer pour ne pas créer de tension. Une vigilance constante, qui me fait marcher sur des œufs. Je ne sais plus vraiment si je peux m’exprimer librement sans déranger quelqu’un.
Se juger, se saboter… puis se retrouver
Je réalise à quel point je suis dure envers moi-même. Dans le doute, je me sabote. Je doute de ma valeur. Je m’enferme dans des mécanismes de défense . Je me juge de ne pas être assez. Pas assez compétente, pas assez présente, pas assez alignée. Et pourtant… j’accompagne les autres avec justesse, avec puissance. Je suis cette coach qui soutient avec cœur, mais qui peine parfois à se soutenir elle-même.
La fatigue comme messagère
Et si cette fatigue n’était pas une ennemie ? Et si elle était une alliée, une invitation à revenir à moi ? À mon corps ? À mes besoins ? Une fatigue physique, bien sûr. Mais aussi émotionnelle, mentale, énergétique, spirituelle. Une fatigue qui me dit : « Ralentis. Écoute. Respire. Lâche le besoin de tout prouver. »
Parce que oui… parfois, je me rends compte que je cherche à prouver au monde entier que j’existe. Que je vaux quelque chose. Que j’ai ma place. Mais est-ce vraiment au monde entier que j’ai besoin de le prouver ? Ou est-ce à moi-même que je dois accorder cette reconnaissance ?
La fatigue émotionnelle et la perception de soi
Et pourtant, dans ma vie professionnelle, je suis souvent active, engagée, impliquée. Mais derrière ce dynamisme apparent, un doute plus profond émerge « Est-ce que je mérite d’être là ? Est-ce que ce que j’apporte a réellement de la valeur ? » Aujourd’hui, ce doute revient parfois plus fort, plus insistant, malgré mon expertise, malgré l’amour et l’impact que je sais offrir dans mes accompagnements.
Ce que je comprends, c’est que cette fatigue me parle du poids de toutes ces années passées à douter silencieusement, à retenir l’élan naturel de vivre pleinement, simplement, sans chercher à me justifier.
Une reconnaissance qui surprend et qui redonne foi
Il y a peu de temps, j’ai accepté d’être ambassadrice pour une campagne de financement. Mais avec tout ce que j’ai eu à gérer dans mon entreprise, je ne fais pas autant que je le voulais. Deux publications. Deux infolettres. Et aussitôt, le jugement intérieur commence « Je ne suis pas une bonne ambassadrice… » Je pense même me retirer discrètement.
Et pourtant, à ce moment précis, un courriel arrive. On me propose d’être la signataire de la lettre de remerciement envoyée à tous les donateurs, au nom de toutes les ambassadrices. Moi, que je crois « pas assez ». Cette reconnaissance inattendue frappe une corde sensible. Elle me fait voir, encore une fois, que ma perception de moi est souvent bien plus sévère que celle des autres. Et que je mérite, moi aussi, de me reconnaître. De m’accueillir avec plus de douceur.
Fatigue physique, mentale, émotionnelle et spirituelle : tout est lié
Ce que je vis, ce n’est pas qu’une fatigue du corps. C’est aussi une fatigue émotionnelle, d’avoir trop contenu. Une fatigue mentale, d’avoir trop réfléchi, anticipé, espéré. Une fatigue énergétique, d’avoir trop donné sans toujours recevoir. Et même une fatigue spirituelle, celle qui naît quand je me déconnecte de ce qui m’anime profondément.
Mais je sens que cette fatigue n’est pas là pour m’abattre. Elle est là pour me ramener à l’essentiel. Pour me rappeler que je n’ai pas besoin de me battre pour mériter d’exister. Que je peux m’autoriser à vivre. À ressentir. À ralentir. À être.
Se recentrer avec ses propres outils intérieurs
Je me rappelle que j’ai un coffre à outils bien garni. Que mon corps est un temple de résonance. Quand je pose mes mains sur ma gorge, sur mon cœur et que je ferme les yeux, je ressens lal vibration. Je me dépose. Je m’entends autrement. Ces gestes simples me recentrent. Je m’offre aussi la présence de la nature, le mouvement, la marche. Chaque petit rituel est un rappel que je suis vivante.
Les jeux de mots comme voie de transformation
Même dans mes jeux de mots, je me redonne du souffle. Contraction, contre-action. Enfermement, enfer-me-ment… et puis expansion. Expansion, comme l’ouverture à tous les « ions » en moi. Les positifs, les négatifs. Ils coexistent pour me permettre de créer, d’avancer. Si je leur fais confiance, si je les laisse œuvrer, il y a une explosion qui se prépare. Une explosion de sens. Une expansion de l’être.
Les mots comme pont vers la vérité
Dans cette conversation de moi à moi, j’ai mis des mots sur mes maux. J’ai redonné du souffle à ce qui était figé. J’ai pleuré un peu. J’ai souri aussi. J’ai senti, à travers chaque phrase, que je reprenais un petit morceau de mon pouvoir. Que mon devenait plus léger.
Oui, il y aura encore des moments de fatigue, de doute, de fermeture. Mais je sais maintenant que je peux m’offrir cet espace de parole. Cette écoute. Cette tendresse. Et que chaque fois que je me parle avec amour, quelque chose en moi se répare. Car parler à voix haute change tout. C’est en disant les choses que je m’entends. Que je fais de la place pour le vrai. Pour ce que je ressens. Pour ce que je porte. Et depuis, mes prises de conscience continuent. Ce n’est pas que je découvre quelque chose de nouveau. C’est que je m’écoute vraiment.
Et dans cette écoute, je me redonne la permission de vivre. Non pas pour prouver. Pas pour être acceptée. Mais simplement parce que je mérite d’exister. Pleinement. Entièrement. Maintenant.
Et toi, quand t’es-tu parlé à voix haute pour la dernière fois ? Et si, aujourd’hui, tu t’autorisais à t’écouter, vraiment… sans condition ?
Avec tendresse,
Claudine
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